L’intelligence d’affaires, ce n’est pas un tableau de bord

Ventriloc_JeanFrancois

Jean-François Laberge


L’intelligence d’affaires, ce n’est pas un tableau de bord

Opinion — Le cofondateur de Ventriloc, Jean-François Laberge, rappelle ce que l’intelligence d’affaires est, ce qu’un tableau de bord n’est pas, et pourquoi l’IA ne remplacera pas une fondation absente.

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Faire des rapports, des tableaux de bord, ce n’est pas faire de l’intelligence d’affaires (BI). 

En effet, ce n’est pas parce que tu utilises Power BI que tu fais du BI. Même si BI est dans le nom. 

L’intelligence d’affaires, la vraie, c’est autre chose. 

Alors, c’est quoi, le BI?

Comme le décrivent Foley & Guillemette (2010) What Is Business Intelligence? | PDF | Business Intelligence | Data Warehouse (c’est, en passant, le meilleur article qui décrit l’intelligence d’affaires. Il ne se démode pas malgré les cycles de Marketing dans le monde du data. Bonus : il a été écrit au Québec), le BI est un ensemble structuré de composantes et de processus qui permettent de transformer des données en décisions. Le BI, c’est un système, pas un outil.

On parle notamment de la collecte et l’intégration des données, leur entreposage et leur structuration, les capacités analytiques, la gouvernance, et surtout la diffusion d’information aux décideurs dans un contexte d’affaires. Et c’est précisément là que tout se joue, à la diffusion. 

Il ne faut pas juste afficher de l’information, mais faire en sorte que la bonne décision soit prise, au bon moment, de façon cohérente. 

C’est là que la fondation de données prend toute sa valeur. 

Parce que sans base solide, ce que tu diffuses est instable. Incomplet. Interprété différemment selon la personne, le contexte, ou l’outil. 

Je parle ici d’outils d’aide à la décision construits sur des résultats vérifiables, mesurables, compris par l’organisation. 

L’exemple d’un cas cas simple en apparence

Sylvain et Manon travaillent aux Achats. Même rôle. Même responsabilité. Ils ne se parlent pas. Ils travaillent à des moments différents. Ils doivent pourtant arriver à la même décision. 

  • A-t-on du cash
  • A-t-on du stock en transit?
  • Est-ce que l’inventaire est fiable?
  • Est-ce que le fournisseur a un bon score de crédit?
  • Quels sont les délais de livraison?
  • Quel est le niveau de service attendu?
  • Quel est le coût réel d’une rupture?
  • Est-ce qu’il y a des commandes clients en attente?
  • Quelle est la variabilité de la demande?
  • Est-ce que ce fournisseur a déjà été en retard?
  • Quel est le coût d’opportunité de commander maintenant?
  • Est-ce que les données sont à jour?
  • Quel est l’impact sur le flux de trésorerie?
  • Y a-t-il des conditions commerciales actives?
  • Quel est le risque associé à cette décision? 
  • etc.

Commander de la marchandise, ce n’est pas une tâche. C’est une décision d’affaires. 

Des décisions comme celle-là, une organisation en prend des centaines par jour.

Ce n’est pas juste d’écrire une requête dans Claude ou ChatGPT, “dis-moi ce que je dois commander pour ne pas perdre mon job”.

Plus l’organisation grandit, plus ces décisions se multiplient.

Et si deux personnes arrivent à des conclusions différentes avec les mêmes données, ce n’est pas un problème humain. 

C’est un problème de système.

Nouveaux canaux, même exigence : l’IA ne compense pas ce qui n’a jamais été bâti

Aujourd’hui, ce qui change, ce n’est pas le besoin de fondation mais bien la façon de diffuser l’information. 

Les organisations qui ont une base solide peuvent multiplier les points d’accès à l’information. Les tableaux de bord en sont un, mais ne sont pas les seuls.

On voit apparaître des modes d’accès plus directs, plus intégrés dans les opérations, plus naturels dans leur utilisation, comme les LLMs.

Ces nouveaux canaux ne créent pas la valeur. Ils amplifient plutôt une fondation déjà en place.

Si la donnée est maîtrisée, gouvernée, fiable, la diffusion devient cohérente, peu importe le canal. 

Si la donnée n’est pas maîtrisée, ni gouvernée, ni fiable, on ne fait qu’accélérer la confusion. 

Et c’est là que beaucoup d’organisations se racontent une histoire. Elles veulent aller vite. Sauter des étapes. Livrer quelque chose qui “fonctionne”.

Oui, ça fonctionne à court terme. Mais sans fondation de données solide, chaque nouveau cas devient plus lent, plus coûteux, plus fragile. On s’éloigne de l’intelligence d’affaires.

À l’inverse, les organisations qui ont effectué le travail difficile capitalisent aujourd’hui et/ou capitaliseront demain. Elles gagnent en intelligence d’affaires.

Graphique comparatif : approche standard versus approche axée sur une fondation de données en intelligence d'affaires.

 

Quand vient le temps de croiser des sources de données, bâtir un pipeline propre, développer une couche analytique solide, construire des logiques décisionnelles… Ça va vite. Parce que tout est déjà en place. 

Ce qu’on voit en ce moment est clair : les entreprises qui ont investi dans leur fondation de données récoltent maintenant des gains réels. 

Chez ventriloc, on construit exactement cela depuis 5 ans avec la majorité de nos clients. Aujourd’hui, la vision se matérialise. 

Des gains majeurs. Des livraisons à succès. De l’algorithmie qui vit dans les processus et dans les applications. 

Pas des MVP. Pas des POC. Pas des projets qui restent sur une tablette. 

Des solutions qui tournent. Qui créent de la valeur. Qui s’intègrent au quotidien des opérations. De l’intelligence d’affaires.

Fast is slow, and slow is fast.

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